Un parcours construit sur l’industrie

Né en 1957 à Kano, au Nigeria, Aliko Dangote commence très tôt dans le commerce. Il développe progressivement son activité avant de construire un groupe présent dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment le ciment, le sucre, la farine, les engrais et désormais le pétrole.

Son modèle repose sur une idée relativement simple : transformer localement les matières premières et répondre aux besoins d’un marché africain immense.

Cette stratégie a notamment fait de Dangote Cement l’un des principaux groupes cimentiers du continent. Mais son projet le plus ambitieux reste sans doute la raffinerie construite à Lekki, près de Lagos.

2026 : l’année de la consécration pour la raffinerie de Lekki

Entrée en production en 2024, la Dangote Petroleum Refinery connaît une accélération spectaculaire en 2026. Après des travaux de maintenance et d’expansion achevés en février, sa capacité de distillation est passée de 650 000 à 700 000 barils de pétrole par jour.

La raffinerie contribue désormais à réduire les importations de produits pétroliers du Nigeria tout en permettant au pays d'augmenter ses exportations. Au deuxième trimestre 2026, les exportations maritimes nigérianes de produits pétroliers ont atteint environ 350 000 barils par jour, contre 46 000 en moyenne en 2023.

L’ambition ne s’arrête pas là : le groupe prévoit de doubler la capacité de la raffinerie avec l’ajout d’une seconde unité de distillation de 750 000 barils par jour.

Une entrée en Bourse historique

L’un des événements économiques majeurs de 2026 est également l’ouverture du capital de la raffinerie au public.

En septembre, Dangote lance ce qui est présenté comme la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique, avec une opération pouvant atteindre environ 1,6 milliard de dollars. L’offre concerne environ 4 milliards d’actions et vise notamment les investisseurs particuliers africains.

L’opération est particulièrement symbolique : Aliko Dangote souhaite que les Africains puissent devenir copropriétaires d’une infrastructure qu’il présente comme stratégique pour le continent.

L’ambition est même de dépasser le nombre de petits investisseurs ayant participé à l’introduction en Bourse de Saudi Aramco en 2019. La direction de la raffinerie vise 10 millions d'investisseurs particuliers.

Des pays voisins commencent également à ouvrir leur marché à cette opération. Le Kenya et, plus récemment, l’Ouganda ont autorisé leurs investisseurs à participer à l’IPO.

Une fortune qui dépasse les 50 milliards de dollars

Cette dynamique industrielle a également eu un impact spectaculaire sur la fortune personnelle du milliardaire.

En septembre 2026, Forbes Afrique rapportait que la fortune d’Aliko Dangote avait franchi la barre des 50 milliards de dollars, atteignant environ 51 milliards de dollars. Cette progression est principalement liée à la revalorisation de la raffinerie de Lekki, devenue l’actif central de son empire.

La raffinerie a par ailleurs enregistré 1,82 milliard de dollars de bénéfice net au premier semestre 2026, après une perte l’année précédente. Le groupe prévoit également un EBITDA d’environ 6 milliards de dollars pour l’ensemble de l’année.

Vers un nouvel empire énergétique africain ?

Aliko Dangote ne compte pas limiter son ambition au Nigeria.

En septembre 2026, son groupe a annoncé son intention de construire une nouvelle raffinerie au Kenya, à Lamu. Le projet, estimé entre 15 et 16 milliards de dollars, pourrait atteindre une capacité de 700 000 barils par jour et être opérationnel à l’horizon 2030.

Mais le projet devra relever plusieurs défis, notamment l’approvisionnement en pétrole brut, le financement, les infrastructures et les questions environnementales.

Une vision qui dépasse la fortune

L’histoire de Dangote est finalement celle d’un entrepreneur qui cherche à passer du statut de commerçant à celui d’industriel panafricain.

En 2026, sa raffinerie illustre cette ambition : produire davantage localement, réduire les importations, exporter vers d’autres marchés africains et attirer les capitaux du continent.

Son parcours pose néanmoins une question importante : peut-on construire une véritable puissance industrielle africaine autour de grands groupes privés ?

Pour Aliko Dangote, la réponse semble être oui. Et 2026 pourrait bien être l’année où son pari industriel commence à prendre une dimension véritablement continentale.